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Editorial

Une communication

au Bundestag 

 Par: Pr Abdallah SAAF 
 Berlin le 20-04-15

Invité à parler au Bundestag le 20 avril 2015 de l’expérience politique marocaine, j’ai tenu les propos suivants :

« Dans le tableau global de la région, on enregistre en cette période six pays en situation de guerre interne, (on ne sait si l’on doit parler de guerre civile  ou de conflits intérieurs en raison des acteurs transversaux impliqués), sept en situation de transition avec d’importantes difficultés, une situation d’occupation (la Palestine), deux situations de vulnérabilité, cinq pays seulement semblent stables, mais le sens, la portée de la stabilité diffère d’un pays à l’autre.... Lire la suite

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Session d’été-Automne

« La société civile et ses nouveaux défis »

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Abdallah Saaf

Berlin le 20-04-15

Invité à parler au Bundestag le 20 avril 2015 de l’expérience politique marocaine, j’ai tenu les propos suivants :

« Dans le tableau global de la région, on enregistre en cette période six pays en situation de guerre interne, (on ne sait si l’on doit parler de guerre civile  ou de conflits intérieurs en raison des acteurs transversaux impliqués), sept en situation de transition avec d’importantes difficultés, une situation d’occupation (la Palestine), deux situations de vulnérabilité, cinq pays seulement semblent stables, mais le sens, la portée de la stabilité diffère d’un pays à l’autre.

 

Par rapport à son environnement, le Maroc offre une stabilité remarquable. On aurait tort de se centrer seulement sur la stabilité au sens de non mouvement, d’immutabilité, de statu quo. La dite stabilité a donné libre cours à des initiatives réformistes relativement accentuées sur diverses questions politiques, économiques, sociales, culturelles, linguistiques. Ce réformisme avait précédé le printemps arabe, mais en l’occurrence celui-ci l’a redynamisé.

Dans un environnement de conflictualité, de crise et de difficultés de toute nature, et  par conséquent de nouveaux défis (l’émigration, la famille, les libertés, l’avortement, le genre, les droits économiques et sociaux, la question culturelle et linguistique, les jeunes, le vieillissement, le rapport à la religion..).. quelles sont les réponses offertes par ces démarches réformistes ?

La réponse est d’abord politique avec des changements substantiels dans la carte politique et institutionnelle du pays, dans le sens de l’avènement d’une monarchie pleinement constitutionnelle, la désignation du chef de gouvernement arrivé en première position des élections, d’une plus grande diffusion des pouvoirs selon les secteurs, l’amplification des pouvoirs de l’exécutif et du législatif. A ces éléments, il faut ajouter une meilleure distinction entre les pouvoirs stratégiques de l’institution monarchique ainsi que ses domaines régaliens de la défense, la diplomatie, la sécurité intérieure, et les compétences dévolues au gouvernement. A noter que les lois ne peuvent avoir plus d’autres sources que le parlement, une partie déterminante du pouvoir de nomination aux hautes fonctions a été transférée au gouvernement. De plus, la fonction religieuse du Commandeur des Croyants est nettement distinguée de celle du chef de l’Etat politique.

 A un autre niveau que l’édifice constitutionnel, s’inscrit une réforme de l’Etat dont les principaux termes sont la décentralisation, la déconcentration, la régionalisation, la multiplication des instances indépendantes, le cadre de la gouvernance a été revu,  avec la perspective que la souplesse de cette forme de gouvernance permet une meilleure maitrise. De nombreux autres aspects peuvent être ajoutés à ce tableau tels les nombreuses dispositions concernant la démocratie participative.

Le développement de l’Etat de droit avec son cortège de droits mais sans plus se  contenter des déclarations de principe, en insistant désormais sur la mise en place de mécanismes de protection et de garanties. Une histoire particulière en matière des droits de l’homme, que l’on intègre sous le label de justice transitionnelle a déterminé cette évolution..

D’autres aspects doivent être fortement soulignés :

-l’élargissement considérable de l’espace public ;

-l’approfondissement des processus de formation de la citoyenneté ;

-la dominance des dynamiques internes sur les pressions extérieures..

Une seconde série de réponses doit être mise en relief. Elle concerne la religion et porte entre autre sur une variété de dimensions. On en soulignera ici seulement cinq :

-d’abord il existe au Maroc une nouvelle vision politique du champ religieux, elle semble en construction au moins depuis 2003, processus dont le déclic semble avoir été constitué par les attentats de Casablanca du 16 mai de la même année. Dans le lexique politique marocain, le discours officiel, le langage des acteurs politiques elle est officiellement dénommée « stratégie intégrée et globale de restructuration du champs religieux ».

- Selon les dispositions des articles 41 et 42 de la constitution marocaine de 2011, la représentation religieuse est incarnée exclusivement par le Roi. La commanderie des croyants est soigneusement distinguée du pouvoir politique. Cette disposition peut lue comme instaurant une forte distinction entre le pouvoir religieux et le pouvoir politique.

- La partie en droit de produire des fetwas est le Conseil supérieur des Oulamas.

- La consolidation de l’identité religieuse et culturelle marocaine est un moyen de défense vis-à-vis des représentations islamistes au moyen de la référence à l’école achaarite, le soufisme sunnite, la doctrine malékite. Le souci est grand de veiller à l’unité doctrinale du pays, mais  en encourageant à l’ouverture sur les différentes cultures. Chiisme, évangélisation, sont considérés comme des risques sécuritaires

-Diverses autres mesures ont accompagné ces dispositions majeures :

  • interdiction des partis ayant une base religieuse,
  • réorganisation des mosquées,
  • organisation locale de la chose religieuse,
  • formation : création de l’Institut de formation des imams, etc..

Cette identité islamique qui se veut particulière n’a certes pas empêché l’émergence d’organisations terroristes, démontrant par là l’absence de relation directe entre politique religieuse  et organisation extrémiste, en plus des défis que doit relever la  politique sécuritaire du pays. Du point de vue de l’Islam officiel marocain, la compatibilité de l’islam avec les institutions démocratique modernes ne fait pas de doute..

Ma conclusion globale, est qu’au-delà des limites, voire des blocages et parfois de ce que certains observateurs critiques relèvent comme des régressions, les aspects que je viens d’énumérer doivent être intégrés dans l’analyse, lorsque l’on étudie l’expérience marocaine.. »

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