15eme Consultation Nationale sur le Programme Référentiel Pour une politique civile de la culture
Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales de Rabat Agdal
Salle des Actes
Rabat, samedi 3 juillet 2010
Aujourd’hui, quelques données s’imposent a priori à toute réflexion ou délibération aujourd’hui sur les politiques culturelles en cours ou sur les politiques culturelles possibles:
D’abord, une certaine ambigüité semble avoir accompagné les démarches à l’œuvre dans le domaine de la culture : elle concerne surtout le rôle de l’Etat dans le domaine de la culture depuis les débuts des politiques de l’action culturelle dans le Maroc indépendant.. Le débat a toujours porté sur ce que l’Etat doit faire ou ne pas faire renvoie le plus souvent à la question des moyens dont il dispose pour gérer et animer la chose culturelle.
La culture n’est advenue à la politique de l’Etat que tardivement. La place qui lui est faite dans la declaration gouvernementale de 1998 constitue proprement un tournant.
Malgré tout, la politique culturelle semble avoir été maintenue dans un état minimal, avec le minimum d’actions, d’initiatives, d’encadrement, de ressources..ou qu’elle prenne un caractère plus actif, plus accentué, plus entreprenant..
2) Par la force de l’évolution des choses même, la culture est devenue à l’heure actuelleun domaine central dans l’existence d’un pays, déterminant d’autres niveaux de sa vie politique et sociale et de son action publique..Des perspectives comme celle de la quête d’une société de savoir, ou la liaison fréquemment établie entre culture et citoyenneté..en font un espace stratégique de l’action politique globale. Et de ce fait le domaine culturel ne peut-il être qu’un lieu de confrontation des projets au-delà de l’unanimisme de rigueur..
3) L’autre préoccupation majeure est représentée par la situation de pluralisme culturel qui prévaut dans le contexte marocain : un pluralisme naturel qui trouve notamment son expression dans le pluralisme linguistique culturel, articulé sur un pluralisme à tendance démocratique peut être en voie de construction, un pluralisme de fait bâti entre autres, sur une juxtaposition de la culture savante, celle profane ou cultivée ..
Ces pluralismes posent de nombreuses interrogations : comment construire des espaces où toutes les composantes puissent se retrouver ? Comment faire en sorte que cette diversité et ces lots de différences servent de base pour une recherche de grande cohésion ?..
De manière parfois embryonnaire, parfois affirmée, plusieurs orientations animent les politiques culturelles :
1) Elles ont pu paraître travailler sur l’environnement des acteurs culturels et de ses espaces, à créer une ambiance favorable, une société qui crée un cadre propice au développement des activités culturelles.. A certains moments l’importance de cette démarche a paru s’accentuer sous la pression de la conjoncture(16 mai 2003 par exemple..).
2) Elles ont pu aussi prendre la d’action de soutien à la culture à travers la création de caisses, de fonds, la mise en place de dispositifs garantissant l’égalité des chances, dotant les créateurs de possibilités de créativité …Mais outre les ressources que ces instances ont pu apporter elles ont également structuré le champ par leurs projets élus, les œuvres revalorisées, la désignation des commissions, les présidences..
3) Elles peut consister aussi à mettre en place des institutions à même de mener l’action culturelle, telles que les fondations de différentes nature, notamment dans le secteur privé, l’articulation de l’action de l’Etat sur une variété d’acteurs (associations et en particulier les nouvelles »grandes associations », les collectivités locales..)
4) Elles peuvent consister en une politique d’articulation et d’intégration de plusieurs domaines de l’action publique: enseignement, recherche scientifique, jeunesse, communication, économie, le développement, la femme...
5) Tout ce qui précède peut s’ajouter aux rôles que l’Etat assume depuis longtemps comme acteur culturel direct, éditeur, organisateur d’activités culturelles, animateur..
6) Ce qui précède s’ajoute naturellement aux rôles de défense, de protection, de sauvegarde du patrimoine, de mise en place et d’animation des institutions, d’appui aux acteurs..
La délibération peut se développer à partir des espaces de la culture: tels que le patrimoine, le livre, le théâtre, la musique, la peinture, le cinéma, l’audio-visuel, les nouvelles technologies, l’animation culturelle..
Cette quinzième consultation, engagée par le Forum Civil Démocratique Marocain, en partenariat avec le Centre des Etudes et Recherches en Sciences Sociales, comme les précédentes, essaie de privilégier les préoccupations de la société civile. Il s’agit bien de développer le théme de la politique culturelle mais du point de vue de la société civile. Les débats en cours montrent que les préoccupations culturelles de la société civile se sont plus développées que par le passé. Des textes soumis à l’approbation de l’opinion publique ont montré que la société civile dispose d’éléments de diagnostic et d’éléments propositionnels. La consultation devrait aussi tenter de dégager une approche programmatique civile du secteur.
Les contributions de cette consultation et des précédentes donneront lieu à une publication. Chaque contribution comportera deux volets :
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Un diagnostic de la situation présente
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Des propositions, des recommandations
Mis à jour ( Jeudi, 01 Juillet 2010 21:44 )



